Je ne saurais jamais retenir mes larmes à l'écoute de ces notes...
Elles resteront féeriquement mes plus beaux souvenirs.
Je suis intouchable. Je ne m'émeus jamais de futilité. Jamais. Et tout court aussi, je crois. Je suis Pauline. Je suis comme ça. Un bouclier orne mon coeur depuis toujours. Je ne pleure jamais de joie. Je n'ai jamais pleuré de joie. Ah, si. Deux fois. C'était grâce à lui. Des millions de milliards de jeunes filles parlent de leur lui. Mais moi, c'est différent. Et seules les personnes qui me connaissent dans les moindres recoins de mon être, de mon âme, de ma personne... comprendront. Et sauront. Il est facile de le déceler mais impossible de comprendre. Comprendre pourquoi je tiens si fort à son existence. A sa présence... Pourquoi si un jour on m'arrache à lui, je tomberais si violemment. Et je ne m'en remettrais probablement pas ou trop blessée... Vous savez, il me porte chaque jour... Je me réveille, il me prend la main, et m'accompagne vers cet être si étrange... Je ne le comprendrais jamais cet être... Son nom est bonheur... Tant de personnes le détestent. Mais je ne comprend pas pourquoi, alors, ils m'envient à ce point de le côtoyer... Bonheur est mon ami. Je l'aime... Je crois... Je ne sais pas... Mais je sais que je me suis abandonnée à quelques mots, et que bonheur les connait bien... Il y a plus d'un mois...Quarante-trois jours exactement... L'émotion s'est invitée à l'improviste dans mon champ de vision... C'était tout flou... Je ne voyais plus rien... Elle voulait couler le long de mes joues mais mon bouclier l'en a empêchée... A cette seconde précise, je veux te parler... A toi... Tu t'en souviens et je le sais. J'entendais vaguement ta voix... Tu me murmurais des mots de réconfort, de ta voix devenue si maladroite en quelques secondes... Tu cherchais, en vain, de quoi me faire sourire mais n'en tirait qu'une vague grimace à chaque tentative... Mon bouclier désirait chasser l'émotion et dégommait à son passage toute marque d'affection... Alors que j'en avais à revendre à cet instant précis... La seule phrase que j'ai su laisser passer fut "promets-moi..."... Tant d'âmes nous écoutaient... Elles nous admiraient secrètement... Je le devine... On ne peut qu'envier une telle fragilité dans ma voix et ton regard perdu dans le mien... Ils reflétaient tout ce que nous sommes, nous... Nous... Ce que nous avions réussi à former depuis huit mois... La fierté, la force, l'envie, le courage, la détermination... Nous... Simplement... Ta voix résonne encore en moi... "Promis"... Les projecteurs nous éclairaient tu sais... Je me croyais la simple actrice d'un film américain et toi... Tu étais... Mon Héros. Le seul, le grand, le fort... L'unique... Tu sais, tu étais celui qui avait plongé pour me sauver de la noyade... Celui qui avait tuer les grands messieurs méchants en noir qui me voulaient du mal... Tu étais celui qui m'avait pris la main et m'avait poussé à avancer quand je n'en avais plus la force... Celui qui m'avait fait prendre conscience que j'étais moi, Pauline, que j'étais quelqu'un de bien, et que par dessus tout j'étais forte. Et à cet instant, égarée dans ton regard, je me rendais compte que nous achevions le film et que j'allais retrouver ma peine... Mais non... Tu me l'avais promis... Juré... C'était impossible et j'y croyais... J'ai toujours cru en nous... Je me suis reculée, me suis perdue enfouie entre ces nombreuses personnes... Et j'ai hurlé "promis?!" d'une voix si saccadée qu'il était impossible de ne pas s'en émouvoir... Tu m'as répondu de ta douce, forte et humble voix "Promis ma chérie"... Tu imposes le respect... Quand j'ai détourné les yeux, perdues dans mes pensées, je n'ai pas remarqué que des personnes en riaient à coeur joie, que d'autres en souriaient, et que les autres, à leur grande majorité, nous admiraient... Je me suis reculée, et moi j'ai pleuré... Mon bouclier a cessé de travailler et l'émotion m'a envahi... Je n'oublierais jamais... Je ne t'oublierais jamais... Je ne nous oublierais jamais... Nous sommes tellement pour mon âme... Nous sommes trop... Ce "nous" prend beaucoup trop de place... Maisje m'en indiffère... Car quand j'entends ta voix me dire "je te l'avais promis, une promesse est une promesse..." quarante et un jour après, je sais que ce "nous" compte aussi pour toi... On explique pas une évidence.
Regarde comme nous sommes féériques, tout deux réunis.